VIOLENCES À NANTES

Nous sommes sidérés.

Hier avaient lieu à Nantes deux rendez-vous importants de la lutte pour la démocratie, pour la liberté, pour l’égalité mais aussi pour la fraternité.

Nous sommes sidérés lorsque nous voyons des lycéen·e·s de Guist’hau ainsi que leurs professeur·e·s victimes de violences policières. Opposés à la disparition de la valeur du baccalauréat et opposés au bac par lycée, ils ont empêché de manière pacifique la tenue des épreuves E3C mises en place par le président Macron, son ministre Blanquer ainsi que ses députés de la majorité. Les forces de l’ordre ont, sans scrupule et sans honte, matraqué et gazé aux lacrymogènes ces citoyens qui se battent pour plus d’égalité. Nous sommes sidérés lorsque des mineur·e·s sont directement matraqué·e·s. Nous sommes sidérés lorsque des enseignants, les transmetteurs du savoir, se font frappés devant et avec leurs élèves. Cette extrême violence n’est pas acceptable.

Nous sommes sidérés lorsque, face à la venue de la porte-parole du gouvernement Madame N’DIAYE, des manifestant·e·s venu·e·s montrer leur désapprobation à la loi asile immigration se voient victimes de violences policières. Madame N’DIAYE était présente pour féliciter la gestion des exilés à Nantes. Seulement, son gouvernement, dans un déni de fraternité, a profondément entaché le droit d’asile. Comment ose-t-elle aller aux rencontres des associations d’aide aux migrants alors que le gouvernement dans lequel elle est a endurci toutes les politiques d’accueil ? Comment ose-t-elle venir à Nantes pour féliciter les associations nantaises alors que cinq d’entre elles ont saisi, en octobre 2019, la juridiction administrative car l’État refusait de mettre à l’abri 800 personnes ? Nous sommes sidérés de l’hypocrisie de ce gouvernement ainsi que de celle de Marcheurs nantais qui ne font rien pour aider ces associations et qui applaudissent aveuglément à l’Assemblée Nationale.
Nous sommes sidérés face à l’impossibilité de contester ce gouvernement. Étaient présents autant de CRS que de manifestants. Est-il normal de mobiliser autant de CRS pour le déplacement d’une ministre ? Est-il devenu impossible de montrer son désaccord face à une politique qui nous touche toutes et tous et à toutes les échelles sans avoir la crainte de se faire gazer, matraquer ou frapper ?

Ces deux évènements qui ont eu lieu hier ne sont qu’une preuve supplémentaire de la dérive autoritaire de ce pouvoir qui ne cherche qu’à mettre sous silence, et par tous les moyens, ceux qui le contestent. Nantes a été touchée de plein fouet par la violence policière. Depuis le mouvement des gilets jaunes cela ne fait qu’empirer, de jour en jour, de lutte en lutte. Cette violence policière n’est pas acceptable, elle doit cesser. Nous apportons tout notre soutien à celles et ceux qui, au quotidien, luttent pour un pays et pour une ville moins inégale, plus démocratique, plus fraternelle et plus sociale. Nous apportons également notre soutien à celles et ceux qui ont été victimes, aujourd’hui comme hier de ces violences policières inacceptables.

Continuons ensemble à nous battre contre ces inégalités que les marcheurs ne font qu’empirer. Continuons ensemble à nous battre pour espérer que, jamais plus, nous ne serons sidérés par des tels actes.