De récentes parutions, nationales et locales, tendent à établir des sortes de classements dans le concours de la liste la plus verte. Bien que l’énorme travail réalisé par leurs auteurs vise à aider les citoyen⋅ne⋅s à se repérer dans la profusion des programmes et du potentiel greenwashing de certaines listes, nous nous questionnons sur la capacité de ces comparatifs à évaluer les propositions hors-cadre portées par Nantes en Commun. Nous nous questionnons sur la bonne compréhension par ces grilles d’analyse de la profondeur du changement nécessaire pour relever les défis de la crise écologique. En effet, les propositions que notre programme met en avant, pourtant chiffrées, sont difficiles à faire rentrer dans les cases d’un modèle de société statique dont les codes ne répondent pas aux besoins concrets des habitant⋅e⋅s.Nous souhaitons donc apporter un éclairage supplémentaire au travail admirable qui a été réalisé par ces collectifs citoyens, clarifier notre position et ré-affirmer haut et fort que nous portons un projet crédible face aux défis climatique et sociaux. 

Le projet de Nantes en Commun est de changer de modèle, seule solution réaliste face à l’impasse écologique dans laquelle se situe l’humanité. Notre liste se positionne clairement et sans détour comme voulant changer le système. Le capitalisme agonise. Il n’est pas question pour nous de le réformer, de le « végétaliser », ou d’attendre qu’il évolue de lui-même car il ne le fera pas. Le capitalisme vert, rose ou bleu, c’est toujours du capitalisme. Et le capitalisme responsable n’existe pas ! C’est pour cela que de nombreux militants écologistes voient dans notre projet municipaliste l’occasion d’impulser ces changements profonds. Beaucoup regardent Nantes en commun avec sympathie, viennent contribuer à construire ou affiner les propositions. Plusieurs dizaines ont passé le pas et s’engagent pleinement dans l’aventure en affirmant publiquement leur soutien à la liste de Nantes en commun.

Nous sommes celles et ceux qui bâtissons un autre monde, le monde d’après. Nous nous heurtons à des structures institutionnelles qui n’aident pas à la transformation positive du système. Elles ne sont pas dessinées pour nous permettre de réfléchir à un monde différent, plus horizontal, plus humain. Nous sommes parfois obligé⋅e⋅s de jouer avec les règles d’un jeu qui ne nous correspond pas. Mais nous sommes déterminé⋅e⋅s à ne rien lâcher car il faut changer ces règles du jeu, et si nous ne le faisons pas, personne ne le fera à notre place. 

Nous ne sommes donc pas favorables à l’instauration d’un conseil citoyen sur le climat tel que le proposent certaines études, même si l’intention d’inclure les citoyens va dans le bon sens. Nous ne souhaitons pas nous cantonner à la participation de quelques personnes tirées au sort, mais bien à faire en commun avec l’ensemble des habitantes et des habitants notamment via les assemblées de quartier et les ateliers communaux. 

Nous avons fait le choix de ne pas établir de trajectoire à 1,5°C chiffrée et cela ne veut pas dire que nous ne voulons pas la respecter, mais bien d’apporter des réponses collectives et ambitieuses qui réparent les injustices sociales et écologiques, racines des dérèglements climatiques. Nous sommes convaincus que la transformation de notre modèle de société passe avant tout par une réappropriation par les citoyennes et citoyens de nos modes de vie, plutôt que par l’établissement d’indicateurs et de tableaux de bord. D’autant que nous ambitionnons d’être 100% transparent⋅e⋅s concernant les effets de notre politique.

Nous ne voulons pas non plus d’une redevance incitative sur les déchets, dont l’effet pervers sera de générer un nouveau permis de polluer pour celles et ceux qui en auront les moyens. À l’image de la taxe carbone sur les carburants, déclencheur du mouvement des Gilets Jaunes, ce genre de taxe infantilise les individus et leur fait peser toute la culpabilité du geste individuel. Alors que l’on sait par exemple qu’un pourcentage très faible des déchets recyclables triés par les individus sont réellement recyclés in fine. Ceci étant, nos propositions favorisent le développement d’une politique zéro déchet ambitieuse : nous souhaitons étendre le tri aux biodéchets, aider au développement du vrac et de la consigne à plus grande échelle et remettre à plat le système Tri’sac afin de l’améliorer. Toute notre politique va également dans le sens d’une relocalisation des activités et d’une réduction des déchets plastiques via des mesures comme par exemple la régie agricole qui nous permettra de nous passer des emballages plastiques pour transporter les produits agricoles sur des trajets si courts. 

La raison d’être de Nantes en commun est de reprendre la main sur la politique locale en visant et en respectant l’autonomie individuelle et collective, plutôt qu’en ayant recours à l’imposition de normes. Des grands précurseurs du mouvement écologiste comme André Gorz ou Ivan Illich, voyaient déjà l’autonomie politique comme le cœur du projet écologiste. Ils appelaient à la résistance contre cette destruction de la capacité de se prendre en charge imposé par le système capitaliste. André Gorz voyait dans l’écologie politique une lutte contre la colonisation du monde vécu. La motivation profonde des luttes écologistes aujourd’hui est toujours de défendre le « monde vécu » contre le règne des expertes et des experts, contre la quantification et l’évaluation monétaire, contre la substitution de rapports marchands, de clientèle, de dépendance à la capacité d’autonomie et d’autodétermination des individus. Nous ne défendons pas la nature en chiffrant nos impacts négatifs sur elle, nous sommes la nature qui se défend. Nous refusons de faire de grandes promesses sur l’avenir avec des chiffres dignes de l’ancien monde technocratique et avons donc, par conséquent, préféré construire des propositions radicales et cohérentes les unes par rapport aux autres, toutes fondées sur l’écologie populaire. 


Ainsi, nous menons un programme plaçant le pouvoir des habitant⋅e⋅s au cœur des décisions de notre ville.Voici concrètement le détail de quelques propositions phares de notre programme : 


Limiter la place des véhicules polluants : 

Pour que toutes et tous nous puissions nous déplacer sans polluer ni nous ruiner notre ambition est de faire en sorte qu’à Nantes, il soit plus simple de se déplacer à pied, en vélo ou en transport en commun que de prendre sa voiture. Nous souhaitons apaiser la circulation dans les quartiers en réorganisant les sens de circulation dans les zones d’habitation afin qu’une voiture ne puisse plus traverser de part en part un quartier pour “gagner du temps” mais fasse le tour par les grands boulevards. Nous souhaitons que le 30km/h devienne la norme de limitation de la vitesse dans la ville. https://municipales2020.nantesencommun.org/project/notre-plan-de-transports-ambitieux/
Développer et sécuriser l’usage du vélo, pour en faire un mode de transport de nouveau populaire : L’urbanisme doit évoluer pour donner encore plus de place au vélo, pour en faciliter l’usage au quotidien. Les itinéraires doivent être cohérents, pratiques et sécurisés. https://municipales2020.nantesencommun.org/project/refaire-du-velo-un-mode-de-transport-populaire-et-sur/

Développer les transports en commun :

Le réseau de transports en commun sera étendu, moins centralisé autour de Commerce avec la création d’un Chronobus sur les boulevards du XIXème (ceinture Doulon – Chantenay). Les transports en communs seront gratuits pour les personnes gagnants moins de 1600€ par mois, et gratuits pour tous le monde après 20h. https://municipales2020.nantesencommun.org/project/notre-plan-de-transports-ambitieux/

Rénover les logements

Nous accompagnerons la rénovation de 8000 logements par an via un mécanisme de tiers financement. https://municipales2020.nantesencommun.org/project/faisons-baisser-le-prix-du-logement/

Développer les énergies renouvelables: 

Un fournisseur local d’énergie et un incubateur citoyen serviront de levier de transition énergétique. https://municipales2020.nantesencommun.org/project/energie/

Planifier l’avenir de la filière agricole

Nous proposons de créer une régie alimentaire qui préempte et achète des terres agricoles, les ouvrent à de jeunes agricultrices et agriculteurs et facilite les débouchés pour leur production. Proposer une cantine bio locale et plus végétarienne : Grâce à la régie agricole municipale, nous proposerons dans les cantines municipales de la nourriture 100% bio et locale, un repas végétarien chaque jour et deux jours sans viande par semaine. https://municipales2020.nantesencommun.org/project/une-alimentation-de-qualite-pour-tou%C2%B7te%C2%B7s/

Mettre fin aux grands projets inutiles

Nous instaurerons un moratoire sur les grands projets inutiles, pour les repenser, évaluer nos besoins et leur impact social et écologique. Et stopper la bétonisation des terres agricoles. https://municipales2020.nantesencommun.org/project/urbanisme/

Limiter la place de la publicité dans l’espace public : 

Nous souhaitons en priorité supprimer la publicité lumineuse qui consomme beaucoup d’électricité et avons pour objectif de supprimer totalement la publicité, omniprésente dans l’espace public. Symbole du capitalisme, la publicité est dogmatique, inutile, coûteuse, liberticide et inégalitaire.
https://municipales2020.nantesencommun.org/project/stop-pub/

Réduire et valoriser les déchets :

Nous développerons les pratiques qui tendent vers le zéro déchet, nous étendrons le tri aux bio déchets et nous sortirons du dispositif Tri sac coûteux et inefficace. https://municipales2020.nantesencommun.org/project/dechets/


Nous encourageons chaque citoyen⋅ne à lire attentivement les programmes et à prendre conscience qu’en cette période de campagne, la sincérité des listes doit primer sur les belles promesses. Ne nous laissons pas piéger par des mesurettes, ayons l’ambition de porter à Nantes un changement profond de notre société et de notre économie! Nous saluons le sincère travail réalisé par les collectifs citoyens, dont nous sommes par ailleurs très proche philosophiquement. Nous souhaitons poursuivre cette démarche constructive avec eux et ainsi construire un futur pertinent pour notre ville.