Ce que nous défendons pour les municipales

Nous aimons Nantes et sa qualité de vie, Nantes et son caractère, Nantes et sa diversité.

Nous aimons Nantes et aujourd’hui Nantes est en danger.

Nous arrivons aux limites d’une gestion municipale inspirée par la vision d’une Nantes économiquement dynamique et accueillante pour les entreprises parisiennes et leurs cadres à haut revenu, mais pas pour les pauvres et les réfugié·e·s, dans le droit fil de la vision macronienne de la “start-up nation”.

Nous refusons que la mairie soutienne le développement du capitalisme local, main dans la main avec une myriade de promoteurs qui défigurent nos villes à coups de béton, de Yello Park, de carré Feydeau, d’Uniqlo.

On voit trop bien où cela nous mène : une ville dont les pauvres sont exclu·e·s, à coups de « requalification urbaine » et de violence policière. Une ville réservée aux riches, dont le moindre espace doit être réservé à la consommation, à la rentabilité, à l’arrivée de chaînes commerciales qui standardisent toutes les villes du monde.

Ceux qui construisent cette ville, en plus de construire une ville qui ne nous correspond pas et dont on ne veut pas, ne répondent pas aux enjeux globaux qui sont ceux de notre époque.

Leur politique met en péril à la fois notre environnement et la cohésion de notre société. Elle détruit le lien social et les relations d’entraide tout autant qu’elle détruit la nature et notre écosystème vital.

Nous voulons construire une autre voie : expérimenter et faire renaître une politique du quotidien à laquelle chacun·e peut prendre part. Nous voulons nous poser les questions essentielles qui ont été oubliées : comment bien vivre ? Comment prendre soin du territoire, de ses habitant·e·s et de son écosystème ? Comment nourrir la ville ? 

La gratuité, la solidarité, l’autonomie, les communs : les réponses sont sans doute multiples, construisons-les.

Ensemble, ravivons Nantes, bâtissons une ville accueillante pour toutes et tous en mettant au centre le bien-vivre !

Résistons à la métropolisation

Nous voyons notre ville changer à vue d’œil : ici, un arbre est coupé ; là, un immeuble pousse. Plus loin, nous ne reconnaissons plus les commerces qui nous étaient familiers.

Nous nous sentons dépossédés de nos repères. Pourquoi ? D’abord parce que les habitantes et les habitants n’ont pas leur mot à dire sur ces transformations.

À la place, c’est la croyance dans un modèle unique de développement des villes qui guide l’ensemble des choix politiques. C’est la volonté de construire une métropole toujours plus grande, tournée vers les intérêts des investisseurs, accueillante pour les start-uppers, les très-diplômés et les plus fortunés.

Cette logique dite d’attractivité est un leurre : l’attractivité repousse avant d’attirer. Elle repousse loin du cœur de ville les employés, les familles avec enfants, toutes les personnes qui doivent trouver du travail à Nantes mais galèrent à s’y loger.

La métropolisation profite à quelques-uns, mais globalement, elle rend la vie des habitants moins bonne. Augmentation des tensions et de l’insécurité, hausse des prix, embouteillages, la pollution de l’air qui touche d’abord les plus fragiles et ceux qui vivent et travaillent au bord de grands axes routiers, souvent les plus précaires.

Réapproprions-nous la ville, écrivons notre propre histoire

Nous devons reprendre la main sur le lieu où nous vivons. Et le lieu où nous vivons, le lieu que nous chérissons, c’est Nantes.

Face à ceux qui pensent que Nantes doit devenir la même métropole standardisée que toutes les autres, affirmons la Nantes que nous voulons. Préservons les spécificités nantaises, soyons conscients de l’histoire, notamment ouvrière et coloniale, de notre ville. Affirmons notre volonté de construire la ville à notre image. Nous, habitantes et habitants de Nantes, nous avons le droit d’écrire l’histoire.

Première étape de cette réappropriation, nous devons reprendre la main sur le logement. Habiter quelque part, c’est d’abord avoir un toit au-dessus de nos têtes.
Pour beaucoup de Nantaises et Nantais, ce n’est plus une évidence, tant le prix des loyers et le coût du logement ont augmenté.

Le logement ne doit pas être une marchandise. Nous voulons donc mener une résistance déterminée à la spéculation sur nos logements et aux politiques de montée en gamme de nos quartiers les plus populaires qui se traduisent par une exclusion des pauvres hors de la ville. Nous voulons progressivement constituer une réserve de logements possédés par des coopératives et proposant des loyers modérés.

Habiter, c’est aussi modeler son lieu de vie. Avoir un chez soi, mais aussi pouvoir être entendu par son bailleur, se prononcer sur les projets urbains qui nous concernent, et avoir une influence sur la manière dont la ville se construit.

C’est pourquoi nous pensons qu’un élément central de cette réappropriation, c’est la constitution d’assemblées d’habitants, dans chaque quartier, qui seront amenées à se saisir de questions de plus en plus larges. Ces assemblées doivent être dotées d’un lieu et d’un budget pour fonctionner. La mairie doit avoir un rôle d’arbitre, en étant garante de valeurs fondamentales, mais surtout doit mettre à disposition un centre de ressources pour aider les habitants à se saisir d’enjeux techniques.

Pour que ces assemblées fonctionnent, il est impératif de reconstituer le lien social abîmé par la métropolisation et le délitement des vies de quartier. Régénérer nos quartiers est essentiel : par des services de proximité répondant à nos besoins du quotidien en matière de santé, de solidarité ou tout simplement pour se nourrir ou poster du courrier. Remettre de la vie aussi par l’ouverture de lieux de convivialité, de cafés, de bibliothèques, bref, par ces petites choses qui font beaucoup pour que nous puissions nous parler et apprécier la vie à Nantes.

Faisons de Nantes la ville de l’écologie populaire

Cette ville conviviale que nous voulons, c’est une ville écologiste. Ecologiste parce qu’elle renonce à être en croissance permanente, épuisant les femmes, les hommes et les ressources de son territoire. Ecologiste parce qu’elle tend vers la sobriété, donnant plus de place aux liens humains qu’à la course aux gadgets. Ecologiste parce qu’attentive à donner à toutes et à tous accès à des moyens de subsistance, à préserver dans le monde qui vient la possibilité de nous nourrir, de nous chauffer, de nous loger.

Nous vivons une crise écologique majeure, dont les effets sont désormais perceptibles localement, jusque dans le pays nantais : pollution de l’air, inondations, affaires du métam sodium ou des cancers pédiatriques de Sainte-Pazanne. 

Face à ce diagnostic, la nécessité d’une transition écologique est largement acceptée. Mais laquelle ? D’un côté, des collectifs, associations, actrices et acteurs, et leurs initiatives mises bout à bout dessinent, depuis longtemps déjà, un modèle permettant de faire la transition écologique, esquissant des pistes pour une autre société.

De l’autre côté, nos gouvernements parlent depuis des années de transition écologique sans jamais se donner les moyens de la mettre en oeuvre et se contentent d’une politique des petits pas, comme l’a bien résumé Nicolas Hulot lors de sa démission. On continue d’amplifier le problème en gardant les mêmes logiques (croissance, attractivité, développement économique, compétition entre les villes…) et on se contente d’essayer de réduire les effets néfastes en imposant des normes “vertes”. Dans les faits, ces normes frappent d’abord les plus pauvres et ne corrigent pas le problème.

Pourtant, l’écologie a d’abord été populaire : ce sont les plus démunis qui se sont d’abord soulevés face à la destruction de leur milieu de vie et de leurs moyens de subsistance, lorsque ceux-ci sont privatisés ou détruits au nom du marché.

Aujourd’hui, nous devons choisir entre d’un côté la tentation d’une écologie autoritaire, qui poursuit les mêmes logiques en ajoutant des normes qui stigmatisent et imposent, et de l’autre côté la réappropriation collective de nos modes de vie, en intégrant la question écologique. C’est une opportunité : qu’est-ce que nous voulons ? De quoi avons-nous besoin ? De quoi pouvons-nous nous passer ?

C’est à nous de le définir. Voilà pourquoi faire de Nantes une ville écologiste est au coeur de notre volonté de réappropriation de la ville par ses habitants.

Nos propositions visent donc d’abord à donner accès à toutes et à tous à des moyens de subvenir à leurs besoins, en commençant par répondre aux besoins des plus pauvres. Ces besoins essentiels, c’est de se nourrir, de se loger, de se chauffer, de se déplacer, et bien sûr, de se rencontrer, de se cultiver, …

Ensuite, en répondant à ces besoins du quotidien, on doit préserver la capacité de notre territoire à y répondre demain. Par exemple, en préservant les terres agricoles.

Enfin, on doit mettre en place des leviers qui permettent d’aller vers un nouveau modèle de société. Ces leviers sont des outils techniques qui servent à ouvrir des brèches politiques. Par exemple, des ateliers communaux pour acquérir les savoir-faire pratiques dont nous avons besoin, une régie agricole pour organiser un système alimentaire plus juste, plus accessible et plus respectueux des agriculteurs et de la nature, un fournisseur d’énergie locale pour proposer une tarification solidaire et accompagner les économies d’énergie. Tout cela dans un but plus grand : résister à un système destructeur, et cheminer vers des alternatives.

Car, ce que nous défendons, ce n’est pas simplement de reprendre Nantes, c’est de reprendre la route vers un autre monde.