Déchets

Notre rapport aux déchets est révélateur de la voie que nous avons prise en tant que société. En 2020 à Nantes le constat est clair, nous consommons trop, nous gaspillons trop et nous valorisons peu.

L’ADEME estime que la mise à disposition de composteurs collectifs facilement accessibles permet de réduire de 75 kilos annuels le poids des déchets de chaque habitant.

Ces pratiques alimentent nos sols en nutriments riches et nécessaires et évitent un gaspillage inutile. Elles nous sortent d’une logique délétère consistant à produire toujours plus de déchets sans nous soucier d’où ils proviennent ni où ils vont.

Aujourd’hui, nos ordures ménagères jetées dans les sacs bleus, sont composées d’un tiers de bio-déchets, c’est-à-dire de restes alimentaires et d’épluchures. Ils sont incinérés pour produire de l’énergie, ce qui pose deux problèmes majeurs.

  • Le premier est d’ordre pratique : ces déchets, à 90% composés d’eau, brûlent très mal et ne sont donc pas une source d’énergie efficace.
  • Mais surtout, ces déchets, s’ils étaient triés et collectés pourraient être compostés ou méthanisés. Ces deux méthodes sont plus vertueuses car elles offrent une véritable seconde vie à nos déchets en les transformants en nouveau produit.

Afin de lutter contre ce gaspillage inutile de ressources et d’énergie, nous proposons d’augmenter fortement le nombre de composteurs collectifs (seulement 225 en 2018) et d’étendre à l’ensemble de Nantes l’expérimentation entamée en décembre 2019 sur certains foyers de Nantes Nord. Ces foyers disposent désormais d’un bac spécifique fourni par la métropole  pour y mettre les déchets organiques. Ce bac est collecté à domicile une fois par semaine.

Aujourd’hui, les habitantes et les habitants qui souhaitent déposer leurs épluchures dans des composteurs de quartier sont obligés de s’inscrire sur liste d’attente. Notre objectif est de permettre à chacun d’atteindre un composteur, à moins de 5 minutes de marche. La densification du nombre de composteurs doit concerner toute la ville et pas seulement les quartiers favorisés et l’hyper centre.

Sortir de Tri’Sac

Lancé il y a treize ans pour remplacer les traditionnels bac bleus et jaunes, le système Tri’Sac concerne aujourd’hui 8 habitants sur 10. Cette particularité Nantaise, chère à la majorité sortante, a un coût : environ 1,6 million d’euro par an pour les simples production et distribution des sacs. Pourtant l’efficacité de ce système de tri reste très limitée et Nantes demeure à la traine au niveau national et européen. Nous recyclons seulement 19% de nos déchets quand la moyenne nationale atteint 21,3% et 30% en Europe. Tristes chiffres pour une municipalité qui prétend devenir un territoire zéro déchet.

 

Mettre en place une politique de zéro déchet exige d’améliorer le système de tri actuel. Le système Tri’Sac, aussi original soit-il, est un échec. Malgré les grands efforts déployés par la majorité sortante à quelques mois des élections, l’extension des consignes de tri à l’ensemble des emballages en plastique ne suffit pas à compenser les défauts inhérents au système, aussi bien dans sa conception que dans son application.

La métropole a distribué près de 21 millions de sacs poubelles en 2018.  Un gâchis de moyens humain et financier quand nous pourrions développer des pratiques plus efficaces et vertueuses : la consigne, le compost, le vrac.

 

S’adapter au système Tri’sac peut prendre du  temps, beaucoup de nouveaux habitants pensent qu’à Nantes “on ne trie pas, fautes de bacs”. La distribution des carnets pose problème, même si cette année, juste avant les municipales, la métropole a fait un effort en engageant sur six mois à plein temps une équipe de trente personnes chargées de déposer les carnets dans nos boîtes aux lettres. De plus ce système souligne des inégalités déjà existantes, les personnes à mobilités réduites sont contraintes de se déplacer souvent loin, pour se procurer le sésame jaune et bleu.

Le système tri’sac, unique en France rappelons-le, nécessite une explication annuelle aux nouveaux nantais, tandis que les bacs sont eux bien connus par l’ensemble des français

Les bacs sont plus durables, plus pratiques et moins coûteux, jamais l’Ademe ne promeut le système tri’sac. L’unique avantage de tri sac est qu’il limite le nombre de passages des camions de collectes. Nous proposons pour désengorger le trafic en ville d’expérimenter une collecte bihebdomadaire à bicyclette dans les zones à haute densité de foyers et pour les personnes à mobilité réduite et les personnes âgées.

Développer les filières du zéro déchet

Les problèmes écologiques liés au plastique sont de plus en plus abordés dans les médias ou par les enseignes. Mais nombreux sont ceux qui voudraient nous faire croire que l’on peut continuer à consommer de la même façon, en remplaçant simplement les sacs plastiques par des emballages biodégradables : c’est bien ce qui se joue derrière l’interdiction des sacs en plastiques. Tout se décompose au fil du temps, même les plastiques à base d’huile, mais cela ne signifie pas qu’ils disparaissent : ils se décomposent simplement en micro-plastiques plus petits, laissant souvent des résidus toxiques derrière eux. Un plastique biodégradable est toujours nocif pour notre environnement. Nous rappelons que la fabrication d’emballages, quels qu’ils soient, coûtent en ressources et en énergie.

 

Nous voulons créer une chaîne circulaire de nos biens de consommations. A Nantes, nous trions beaucoup, nous recyclons trop peu et nous ne menons malheureusement pas de véritable politique zéro déchet. Afin de diminuer fortement les déchets produits dans la métropole nous nous engageons à soutenir et à  promouvoir différentes actions telles que:

 

  • Le développement à grande échelle de la consigne des bouteilles en verre ; qui permet une réduction de 28 kilos par an des déchets produit par habitant; en partenariat avec les petits producteurs locaux, les entreprises, les restaurateurs et les services publics. 
  • Le développement de l’offre et de la pratique du vrac, et celle  de la collecte des restes alimentaires.
  • Le développement des points de réparations comme les recycleries.
  • La communication et la formation dans les écoles et en entreprises sur les déchets et les bonnes pratiques.
  • Les visites des usines de traitement des déchets.

Le problème du mobilier urbain

Aujourd’hui, le mobilier urbain de collecte des déchets nantais n’est ni suffisant ni adapté aux usages des habitantes et des habitants. 

Par exemple, les points d’apport volontaires pour le verre et les cartons sont rarement situés aux mêmes endroits, parfois à 10 voire 15 minutes du lieu où on habite. Nous proposons donc l’augmentation et le groupement des points d’apport volontaire. Les maisons de quartier que nous souhaitons créer pourront accueillir ces points de collecte. Ces points d’apport volontaire doivent également être mieux adaptés aux personnes âgées et aux personnes à mobilité réduite.

 

De même, il n’y a pas assez de poubelles dans les espaces publics où les habitantes et les habitantes se réunissent : les bords de l’Erdre ou de la Loire, les parcs et les squares, le centre et les places de la ville, etc. Ces manques conduisent à la multiplication des points de dépôts sauvages. Il faut prendre en compte la façon dont les habitantes et les habitants s’approprient la ville. Donc, augmentons le nombre de poubelles et investissons dans un mobilier urbain permettant le tri des déchets dans la rue : au minimum, verre, papiers et plastique, déchets alimentaires et mégots.

Rendre les filières de tri transparentes et compréhensibles

Une fois nos sacs poubelles fermés, nos déchets ne nous appartiennent plus : ils sont enlevés, sans que l’on sache exactement ce qui va être recyclé ou incinéré. L’extension des règles de Tri’Sac, qui invitent les habitant·e·s à jeter l’intégralité de leurs déchets plastiques dans la poubelle jaune, y compris les pots de yaourt ou les capsules de café, nous induit en erreur : on dit que tous ces déchets sont triés, faisant croire implicitement qu’ils sont recyclés, c’est-à-dire transformés en nouveaux produits de consommation. Selon des sources interne, 90% des déchets seraient brûlés à l’usine Alcéa. Mais qui, parmi les habitants, le sait vraiment ? Maigre consolation, la chaleur produit permet d’alimenter la métropole en chaleur et en électricité.

De même, la majorité des habitants ignore que la ville de Nantes a signé un contrat d’incinération auprès de Veolia. Ce contrat de 332 millions d’euros, valable pendant 15 ans, oblige la ville à fournir 185 000 tonnes de déchets, sous peine de sanctions financières. Cette obligation paraît difficilement compatible avec une politique publique de réduction des déchets.

Ce flou autour du devenir de nos déchets ménagers et des contrats signés entraîne la méconnaissance voire la défiance des habitantes et des habitants. Il est primordial que tous connaissent le devenir du contenu de ses poubelles. Nous proposons donc de rendre publics, en open data, les contrats signés avec les différents acteurs : les contrats avec les usines Alcéa et Arc-en-ciel, avec Veolia.

Nous proposons également de rendre public le tonnage et le type de déchets produits par les différents acteurs privés : entreprises tertiaires, secteur de la restauration, secteur du BTP, etc.