Enfance et éducation

Les plus jeunes sont souvent exclus des décisions qui les concernent, encore plus fréquemment que les adultes. Devenir un citoyen engagé nécessite d’identifier ses besoins, de pouvoir les exprimer et de participer à faire advenir les solutions imaginées.

Permettre aux enfants d’être acteurs de leur vie

  • Associer les enfants à la réorganisation des cours de récréation, afin qu’elles ne reproduisent pas les inégalités de genre (garçons au centre, filles en périphérie), pour qu’elles soient davantage végétalisées et permettent aux enfants de courir plus sereinement ;
  • Faire repenser les aires de jeux pour enfants par les enfants, notamment en leur faisant redessiner des places des quartiers vécus par les enfants (en particulier les petites filles) ;
  • Inclure systématiquement les enfants dans les débats sur des projets d’urbanisme ;
  • Soutenir des projets d’enfants en partenariat avec les enseignant·e·s.

     

Donner l’occasion aux plus jeunes de découvrir leur environnement, la rue, la ville en toute sécurité et en toute tranquilité

Les rues de notre ville ne sont pas conçues pour permettre la libre circulation des enfants. Leur sécurité est pourtant le préalable nécessaire à leur besoin de découverte et d’autonomie.

  • Réserver des espaces pour les enfants en régulant l’accès des voitures, en adaptant la signalétique, en sécurisant les accès notamment autour des écoles et lieux dédiés aux activités de loisirs.
  • Donner les moyens aux enfants de mieux comprendre l’environnement dans lequel ils vivent et de développer des projets autour de cela (comment la nourriture est produite, ce qu’elle devient ensuite, quel est le cycle de l’eau…).
  • Développer des pratiques en lien avec la terre : potager, compost…

Il s’agit aussi de permettre aux enfants d’ouvrir leur horizon citadin.

  • Développer à nouveau des colonies de vacances municipales par l’achat par la municipalité, ou une association de terrains, pour faire du camping sur le même modèle que ce que font certaines associations relevant de l’Éducation Populaire ou de l’Éducation Nouvelle (autogestion accompagnée des enfants, sans programme prédéfini).

DES QUARTIERS POUR LES ENFANTS ET LES PARENTS

Favoriser un meilleur ancrage des enfants dans leur quartier et leur milieu de vie

L’emploi du temps compartimenté des enfants, leur prise en charge successive par différentes instances, morcellent leur perception de la vie de quartier. Retrouver l’unité de la communauté permet de s’impliquer plus sereinement.

  • Développer des projets et créer davantage de liens avec les associations du quartier, la maison de quartier, le centre social, les médiatrices et médiateurs du quartier.
  • Inviter les enfants à assister ou à participer à la construction des équipements issus de leurs consultations, par l’intermédiaire des associations de quartiers, des instances scolaires et périscolaires, les assemblées de quartier.
  • Aménager avec les enfants des aires de jeux inventives, naturelles, intergénérationnelles, respectueuses des normes environnementales dans les jardins publics, les ludothèques, les bibliothèques.

Une école ouverte et intégrée à son quartier

  • Végétaliser les cours de récréation pour lutter contre les îlots de chaleur et recréer du lien avec la nature.
  • Donner la possibilité d’accueillir d’autres activités au sein de l’école pour qu’elle soit davantage ouverte sur le quartier : moments festifs, banquets, AMAP, conférences, débats, temps d’échanges, cours de jardinage, ateliers bricolage…
  • Amorcer une réflexion sur l’environnement urbanistique des écoles : piétonisation, zones apaisées autour des écoles.
  • Ouvrir des espaces de discussion et de débat au sujet de l’école, de l’éducation dans l’école ou en-dehors (dans les maisons de quartier ou les centres sociaux) pour que les parents se réapproprient une réelle place de co-éducateurs.

Développer le service public local de la petite enfance

Chaque année il y a 3000 demandes en crèches pour 820 places donc 2180 refus.  Le besoin est réel.

  • Proposer des modes d’accueil diversifiés à taille humaine et adaptés à tous (crèches, multi-accueils, lieux d’accueil enfants-parents, relais assistantes maternelles…) afin de permettre à 100% des parents d’obtenir une place pour leurs enfants.
  • Évaluer les subventions allouées aux crèches associatives pour les ajuster au niveau de 2015 (2,04 € par heure et par enfant avant 2016 contre 1,93 €/h par enfant en 2109).
  • Accompagner les parents qui bénéficient de place d’urgence suite à la reprise d’un emploi vers des solutions de mode de gardes pérennes.

DANS L’INTÉRÊT DE L’ENFANT ET DES PROFESSIONNELS EN RESPONSABILITÉ

Améliorer le périscolaire

Les personnes qui prennent soin et accompagnent les enfants, sur le temps péri et extrascolaire doivent être davantage reconnues dans leurs missions, leurs responsabilités et ne plus subir la précarité. Pour fédérer des professionnel·les, il convient aussi de développer un projet de qualité.

  • Reconsidérer la délégation de service public Léo Lagrange au travers d’un travail collaboratif avec tous les acteur.trice.s pédagogique avec une intention particulière portée aux conditions de travail.
  • Garantir une réelle formation professionnelle qualifiante pour les salariés du périscolaire (BPJEPS ou CQP/CPJEPS). Cela représenterait 3 millions d’euros s’ajoutant aux 60 millions d’euros de budget des structures d’accueil.
  • Organiser des états généraux de l’animation pour remettre à plat les temps extrascolaire (ALSH, périsco) en impliquant tous les acteurs professionnels, les parents et enfants.
  • Proposer aux salarié·e·s à temps partiel une organisation du temps de travail plus souple pour leur permettre d’accéder à un autre emploi ou de poursuivre des études.
  • Favoriser l’autonomie, la découverte et la participation active des enfants dans les propositions d’animation du périscolaire et des accueils de loisirs et développer des projets collectifs entre les enfants ainsi que des temps coopération.
  • Mettre à disposition des animatrices et des animateurs des moyens, en termes de temps et de matériel, pour préparer leurs activités auprès des enfants.

Faciliter la coordination entre les différentes structures éducatives

Les différentes missions de ces instances ne peuvent trouver sens que par un fonctionnement en coopération, avec une meilleure communication, dans l’intérêt des salarié·e·s comme des familles.

  • Ouvrir des espaces d’échanges entre les différents acteurs éducatifs (la direction de l’école, les enseignant·e·s, les équipes d’entretien, les assistant·e·s sociales, le périscolaires et les structures jeunesse, les associations et les familles) afin qu’ils se coordonnent, aient des temps de partage d’expérience et expérimentent, en plus des acteurs institutionnels, l’élaboration d’un projet éducatif.
  • Associer les enfants dans l’élaboration de ce projet éducatif et pédagogique en concertation avec les parents et les structures d’accueil de loisirs ou périscolaires.

DES ENFANTS CITOYENS D’AUJOURD’HUI ET DE DEMAIN

Créer des conditions favorables au développement de l’autonomie des enfants partout où c’est possible, à l’école et en dehors.

Faire en sorte qu’à l’école, et en-dehors, les enfants développent leur sensibilité (capacité à exprimer des émotions et à entrer en empathie avec les autres), leur jugement critique et leur capacité à agir collectivement.

  • Ouvrir des espaces de parole ainsi que des assemblées d’école pour les enfants afin qu’ils parlent de leur vécu à l’école, qu’ils participent à la vie de l’école et son amélioration, et qu’ils développent leur autonomie et leur sens du collectif.
  • Favoriser les coopérations entre les associations d’éducation populaire et les écoles ou autres structures enfance pour permettre la continuité de ces espaces de parole et d’organisation collective.
  • Intensifier l’intervention de ces associations engagées pour l’égalité et la lutte contre les discriminations et les subventionner à hauteur réelle du travail qu’elles fournissent, de façon à ne pas les utiliser comme une délégation de service public au rabais.
  • Garantir la laïcité du périscolaire en y refusant toute intervention d’associations religieuses, marchandes, ou de lobbies patronaux.
  • Favoriser l’accès pour les acteurs éducatifs à des formations aux pédagogies nouvelles et à la coopération, financées par la mairie.
  • S’engager activement pour l’application de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant de l’UNICEF.
  • Généraliser les méthodes de résolution de conflit par la médiation.

UNE ÉCOLE INCLUSIVE ET SOLIDAIRE

Prévoir des espaces adaptés aux besoins des enseignants et des élèves

Le dédoublement des classes de CP et CE1 en REP a eu pour conséquence la disparition des bibliothèques ou des salles de motricité de certaines écoles qui en ont pourtant le plus besoin.

  • Évaluer l’impact de cette réforme en termes d’usage des espaces et des besoins non pourvus.
  • Étudier la carte scolaire en fonction de l’évolution démographique des quartiers et assurer la capacité d’accueil partout sur le territoire nantais.
  • Soutenir les parents d’élèves et les personnels de l’Éducation en lutte pour la limitation des effectifs et l’ouverture de nouvelles classes (notamment en maternelle où des classes sont extrêmement chargées, avec un effectif de 30 élèves).
  • Équiper les écoles de préaux pour permettre aux élèves de sortir quelle que soit la météo.

Faciliter une meilleure scolarisation de tous les enfants

  • Intensifier le programme de réussite éducative assurant une réelle prise en charge individualisée d’enfants en fragilité pour des raisons physiques, psychologiques et/ou sociales.
  • Développer l’accompagnement à la scolarité pour tous les enfants ne bénéficiant pas d’un environnement social, économique et culturel propice aux apprentissages.
  • Faciliter l’inclusion scolaire des enfants à besoins spécifiques en contribuant à l’information des parents sur le droit à l’intégration scolaire de leur enfant.

Limiter les effets de la loi “école de la confiance” quand ceux-ci fragilisent l’école publique

Instruction obligatoire à partir de 3 ans, évolution de la fonction de direction en école élémentaire… la municipalité est désormais plus impliquée pour garantir une qualité de service équivalente et des conditions de travail décentes pour les personnels.

  • Garantir un niveau de services constant dans les écoles maternelles publiques pour encourager une plus grande mixité sociale et éviter les disparités dans les apprentissages dès ces premières classes, essentiellement auprès des publics les plus fragiles.
  • Recruter du personnel supplémentaire pour assister les directrices et directeurs dans leurs missions.
  • Supprimer immédiatement toutes les aides extra légales à l’enseignement privé, refuser toute aide financière à la rénovation d’établissements scolaires privés.