Économie

Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que la course effrénée derrière une croissance infinie dans un monde aux ressources limitées est vaine. Tout aussi vaine que l’hyper-métropolisation et la concurrence auxquelles se livrent les métropoles et qui conduit in fine à la disparition des espaces verts et à l’exclusion des plus pauvres des centre-villes.

Malgré les beaux discours dans lesquels la majorité se targue de l’attractivité de la ville, les chiffres montrent que nous sommes dans un système à deux vitesses. Une hyper-métropolisation au bénéfice des catégories socio-professionnelles supérieures, et des quartiers populaires qui se paupérisent un peu plus chaque année.

Les zones les plus fragiles de Loire-Atlantique sont Dervallières-Chézine, Pin Sec, Malakoff et La Bottière, où la situation économique et sociale s’est dégradée entre 2006 et 2016, où le chômage augmente davantage qu’ailleurs. À Dervallières-Chézine 42 % des actifs sont au chômage, dont la moitié depuis plus d’un an. Pire, 70% des jeunes des 15 quartiers prioritaires de la ville vivent dans des familles sous le seuil de pauvreté. Et malgré le fait que nous soyons le chef lieu du deuxième département le moins fragile de France, et le 16e plus riche de France, les quartiers prioritaires de la ville ont des taux de pauvreté équivalent au département de Seine-Saint-Denis.

Ces contrastes montrent que le modèle suivi par la majorité est délétère et qu’il faut en changer.

Autre phénomène qui incite à remettre en question les choix passés : les mobilisations de ces derniers mois, notamment de la jeunesse, pour le climat et les volontés désormais affirmées de refuser des emplois écologiquement néfastes ou dénués de sens changent progressivement le paysage de l’emploi du bassin nantais.

Nous voulons orienter l’énergie et les talents nantais vers une transition écologique, une transition pour toutes et tous, qui ne laissent pas sur le banc une partie de la population, en particulier les plus précaires.

Plutôt qu’une compétition acharnée qui consiste à attirer des entreprises et des personnes pour grossir et croître à tout prix aux dépens des autres villes qui se vident, nous voulons créer un réseau de villes travaillant ensemble, main dans la main. 

Ce réseau de villes permettra de décentraliser, déconcentrer les emplois, l’habitat, les transports en commun et les services.

Comment faire ? 

  • Arrêter la concurrence entre Rennes, Nantes et Angers, et opter pour plus de coopérations. Nous plaiderons notamment pour une meilleure liaison ferroviaire entre Nantes et Rennes.

Les trajets Nantes-Rennes en train symbolisent l’absurdité de la compétition entre les villes et leur effet néfaste sur les habitants : les trajets se font plutôt en voiture, donc plus polluants ; le sud de l’Île-et-Vilaine et le nord de Loire-Atlantique sont des victimes collatérales de cette compétition.

  • Réorienter les politiques d’attractivité et de développement économique vers l’autonomie du territoire et la transition écologique et sociale, puis vers la mise en réseau des villes

Demain, les équipes de l’Agence Développement Nantes Saint-Nazaire et du service développement économique changeront de mission : plutôt que d’essayer d’attirer toujours plus d’entreprises, elles évalueront les besoins du territoire en termes de transition. L’enjeu sera ensuite d’encourager le développement de réponses à ces besoins (entreprises, associations, services publics…). 

Ces équipes auront une autre mission : aider les autres villes moyennes du territoire à structurer des économiques locales. Nous mettrons l’ingénierie économique de la métropole au service des autres villes qui ont été victimes de la métropolisation, de la concentration des activités dans la métropole nantaise. 

ÉVALUER LES BESOINS DU TERRITOIRE ET MENER LA TRANSFORMATION ÉCOLOGIQUE DE LA VILLE 

Recentrons l’économie vers la réponse à nos besoins essentiels. Pour cela nous devons les évaluer et soutenir des projets qui répondent. Nous devons également soutenir les filières nécessaires pour la transformation écologique de la ville, en privilégiant la relocalisation de l’économie et des emplois qui ont du sens.

Parmi ces besoins essentiels : le logement, l’alimentation, l’énergie, les déplacements. Pour chacun de ces besoins, nous proposons de créer des leviers pour organiser une production locale, respectueuse de l’environnement et des travailleurs, et qui donne une large place à l’auto-organisation des habitants.

Amorcer une filière d’éco-rénovation et d’éco-construction

Nous devons soutenir cette filière pour privilégier la rénovation sur la destruction et renconstruction, et agir contre la précarité énergétique, en rénovant en premier lieu les bâtiments les moins bien isolés. Pour cela, utilisons le levier de la commande publique, en investissant dans la formation et en organisant un circuit d’approvisionnement.

Créer une régie alimentaire

Créons une régie qui préempte et achète des terres agricoles, les ouvre à de jeunes agricultrices et agriculteurs et facilitent les débouchés pour leur production (les cantines, les restaurations collectives, puis des groupements d’achats solidaires dans les quartiers nantais, d’abord dans les quartiers les plus défavorisés).

Construire un réseau de centres de santé

pour donner accès à une médecine de proximité pluridisciplinaire dans les zones où l’accès au soin est le plus compliqué. Ces centres, publics ou associatifs, seront financés principalement par la Sécurité Sociale via les actes des praticiens, soutenus par la municipalité, et gérés par un conseil de gestion, associant les habitants usagers du centre, des associations de patients et des professionnels de santé.

Encourager les ateliers de réparation de vélos

Permettre l’installation d’atelier d’auto-réparation dans tous les micro-quartiers de Nantes sur le modèle de l’atelier de Chantenay, Place au vélo ou encore Vélocampus. Dans une démarche conviviale, ces ateliers permettent aux usagers de s’approprier la mécanique du vélo grâce à l’aide des animateurs présents. Il est également possible d’y construire son propre vélo à très bas coûts.

STRUCTURER DES ÉCONOMIES DE QUARTIER AVEC DES ATELIERS COMMUNAUX

 

Dans chaque quartier, ouvrir un lieu appropriable par les habitants pour structurer une économie de quartier qui réponde à nos besoins réels, et favorise nos initiatives.

Un atelier communal est un centre d’activité locale situé dans chaque quartier où :

  • On forme aux métiers de la transformation écologique ;
  • On a accès à des ateliers d’auto-production avec des espaces et des outils collectifs (menuiserie, bricolage, fablab,…)  ;
  • On peut travailler sur place, monter des projets ;
  • On est accompagné pour lancer son activité et sur des formes économiques ESS ;
  • On peut y chercher un emploi : démarches de pairs à pairs qui ont prouvé leur efficacité (notamment avec COJOB) et via la mission locale qui y sera intégrée ;
  • On peut venir y boire un café ou passer un moment agréable dans un lieu vivant.

Nous ouvrirons 3 ateliers communaux dans la première partie du mandat : à Nantes nord, aux Dervallières et dans le centre de Nantes. Objectif : des ateliers communaux dans tous les quartiers à terme.

 

 

 

AGIR POUR L’ÉGALITÉ DANS LES QUARTIERS POPULAIRES

L’emploi dans les quartiers populaires

  • Contraindre les grandes entreprises qui s’installent dans les quartiers populaires à recruter sans discrimination, et à recruter à des postes à responsabilités (égales compétences) des jeunes issus de ces quartiers ou des alentours.
  • Participation de la ville à l’accompagnement social et juridique aux personnes victimes de discriminations.
  • Clauses emplois locaux, clauses sociales et embauche locale.

Une attention particulière aux jeunes

  • Créer un service d’aide aux collégiens pour trouver un stage d’observation dans les services municipaux ou paramunicipaux et les services satellites ;
  • Attention particulière aux jeunes vivant dans des familles sous le seuil de pauvreté ;
  • Lutter contre l’isolement des jeunes déscolarisés en s’appuyant sur les associations jeunesses déjà présentes sur le terrain et en augmentant le nombre de médiatrices et médiateurs dans les quartiers ;
  • Faire en sorte que les agents municipaux, notamment les équipes de quartier, soit davantage sur le terrain, au contact des habitant·e·s pour anticiper leurs besoins, les aider dans les démarches et leur apporter des solutions sociales (rappelons que la part de familles monoparentales et en situation de pauvreté est particulièrement importante dans les quartiers populaires) ;
  • Permettre plus de vie dans les quartiers, avec des lieux de convivialité, qui pourront accueillir notamment les jeunes et des activités qui leur seront dédiés, afin qu’ils s’émancipent.

RÉSISTER AUX POLITIQUES NÉOLIBÉRALES

Empêcher la construction de toute nouvelle grande surface.

En refusant les permis de construire et modifier le plan local d’urbanisme.

Introduire des critères pour la création d’emplois locaux dans tous les appels d’offres.

Refuser l’ouverture des zones commerciales le dimanche

Réduire la place de la publicité dans la ville

EXPÉRIMENTER DES MODÈLES D’AVENIR

Donner la possibilité aux agents de passer à un temps partiel associatif 

Expérimentons ce modèle : permettre aux agents de la Ville de Nantes et de Nantes Métropole de passer à 4/5ème s’ils le souhaitent. Leur rémunération sera inchangée pour ceux et celles qui s’engagent une journée par semaine pour une association ou structure d’intérêt général du territoire, à travers une mise à disposition contractuelle. Une structure à créer pilotera ces mises à disposition via des mises en relation qualitatives.

Pour ceux et celles qui ne souhaitent pas se mettre à disposition du territoire, leur rémunération sera celle prévue par le code du travail

Expérimenter un revenu de base via l’Europe

Sur le même modèle que Barcelone en commun, nous lancerons une expérimentation d’un revenu de base décent, soutenue par des fonds européens, pour expérimenter un nouveau modèle de société. Une commission composée d’habitant·e·s réfléchira aux paramètres : sur quelle zone géographique (un quartier ? une commune ? sur quels critères choisir ?), revenu en euro exclusivement ? ou bien en monnaie locale en partie ? ou bien en service public en partie ?