Solidarités

Nous voulons une ville solidaire, c’est à dire une ville où chacune et chacun peut trouver sa place. Tout le monde, et surtout les plus précaires, celles et ceux dont la situation les rend vulnérables et impacte leur capacité d’agir.

Ce but posé, la question est celle des moyens.

Nous travaillons de manière transversale sur de nombreuses thématiques. Les propositions mettent au centre l’accès pour tous et toutes aux conditions matérielles d’existence nécessaires à une vie digne : alimentation, logement, énergie, etc.

Mais nous pensons important de réfléchir plus spécifiquement sur les populations les plus touchées par les situations de précarité.  Au cours de notre enquête, nous avons tenté de décrypter les différents modes d’interventions de la municipalité pour identifier nos possibilités d’actions. De très nombreuses associations font un travail important pour aider les populations touchées par la précarité : sans-abris, travailleurs précaire, Roms, travailleuses du sexe, personnes âgées isolées et pleins d’autres. Nous devons en premier lieu soutenir leurs actions vitales pour de très nombreuses personnes. 

La municipalité possède une action propre notamment via les Maisons de Quartiers, les Centres Communaux d’Action Sociale et les Centres Socio-Culturels. Les objectifs de ces lieux sont pluriels. Cela va de la facilitation de l’accès aux droits des personnes via des conseillers et l’accès à des assistantes sociales jusqu’à l’organisation de la vie de quartier en accompagnant les personnes souhaitant lancer des projets associatifs.

Nos propositions

LA SOLIDARITÉ POUR TOUTES ET TOUS

Développons des réponses de proximité dans chaque quartier

  • Un professionnel par quartier qui peut aider à faire l’évaluation des besoins, avec la population. Connaître les gens qui ont des besoins et les amener à faire des demandes ;
  • Lieu sur chaque quartier permettant l’accès aux droits pour les personnes vulnérables : développer l’utilisation des lieux existants comme les maisons de quartier, prévoir de nouveaux lieux dans les quartiers très étendus ;
  • Dimension généraliste et multiplicité des professionnels au sein d’un même équipement pour garantir un accueil et une orientation des habitant·e·s, notamment des plus précaires ;
  • Aide administrative ;
  • Aide financière ;
  • Aide pour une place d’urgence (crèche, foyer logement, hébergement).

Luttons contre la fracture numérique

  • Avoir accès à une connexion informatique à proximité, pour chacun, avec une aide humaine si besoin.
  • Limiter au maximum les démarches administratives uniquement réalisables en ligne.

Répartissons mieux les aides

  • Faire l’état des lieux de toutes les aides possibles (contrat ville, aide CAF, aides régions et départements, aide alimentaire, chèque énergie…)
  • Décider avec les habitant·e·s des priorités et de leur mise en œuvre

Soutenons l’émergence de lieux de convivialité publics

Qui soient adaptés pour les personnes âgées. Dans le but de les aider à pouvoir rester habiter chez elles, nous pouvons redonner sa place au service public d’aide à domicile. Ce service, aujourd’hui, se privatise de plus en plus, et devient inaccessible aux plus pauvres.

Augmenter le nombre de places dans les crèches municipales

En complément de places en crèches associatives ou micro crèches

  • 200 places supplémentaires sur le mandat soit 5 lieux à construire pour 40 enfants ;
  • Renforcer l’accueil d’urgence ;
  • Places gardées en attente pour répondre aux urgences ;
  • Gratuité d’accès aux multi-accueils pour les bas revenus.

UN TOIT POUR TOUTES ET TOUS

Réquisitionnons les bâtiments publics vides pour héberger les personnes à la rue

De nombreuses personnes n’ont aujourd’hui encore pas de solution pour dormir à l’abri chaque nuit : personnes en grande exclusion, demandeurs et demandeuses d’asiles.

Il y a de nombreuses associations très compétentes pour permettre l’accompagnement et l’organisation de lieux de vies pour les personnes qui ont besoin d’hébergement. La Mairie pourrait donc mettre à disposition des associations, des bâtiments ou terrains qu’elle possède afin de créer des lieux auto-gérés et permettre la mise à l’abris de toutes les personnes qui en ont besoin. 

Votons un arrêté anti-expulsion sans relogement

Sur l’exemple de ce que proposait Grenoble et Aubière, poussées par les associations militantes pour le droit au logement. Cet arrêté permettra, même hors trêve hivernale, de ne pas remettre à la rue des personnes tant qu’elles ne sont pas relogées ailleurs.

Soutenons les associations déjà sur le terrain

Ainsi que celles qui souhaiteraient se lancer afin de créer plus de lieux d’accueil de jour et de nuit, notamment en non-mixité pour les femmes sans-abris. Car la demande est forte face aux multiples violences que vivent les femmes dans la rue. 

Offrons des solutions de relogement aux habitants des bidonvilles sans sélection des familles

Aidons les associations qui mènent les politiques sociales

Nous pouvons mettre en place les moyens matériels nécessaires afin que les associations et initiatives citoyennes qui font la même choses, par exemple des maraudes pour les personnes à la rue, de se rencontrer et se coordonner, partager leurs manières de faire, leur planning, etc..

De la même manière, nous pouvons soutenir l’émergence de table ronde avec les personnes concernées par les hébergements d’urgences, les usager·e·s, les institutions, les associations, les organisations syndicales et les habitant·e·s. 

Soutenons l’implantation d’initiatives comme TAPAJ

Un projet qui a débuté au Québec puis à Bordeaux et qui permet à des jeunes usagers de drogues de moins de 25 ans, n’ayant pas droit au RSA, de bénéficier d’un dispositif “premières heures de travail”. La proposition qui leur est faite est de commencer par travailler 3h par semaine et d’augmenter progressivement en fonction des envies de chaque personnes et d’être payés en espèces à la fin de chaque journée. A Bordeaux 45 % des jeunes ont pu trouver une sortie professionnelle positive à l’issue du programme, ce qui correspond à un résultat très supérieur à de nombreux dispositifs d’insertion classiques.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : FAIRE DE NANTES UNE VILLE REFUGE

Le centre post-traumatique “Citad’elles” vient d’ouvrir ses portes à Nantes. Cet espace refuge accueillera des femmes victimes de violences. Nous saluons une telle initiative. 

Nous devons agir partout pour lutter et prévenir les violences faites aux femmes, car toutes les femmes sont concernées. Nous sommes tou·te·s concerné·e·s. 

Dans la rue, au travail ou à la maison, partout des femmes sont victimes de violences physiques ou psychologiques. 100% des femmes ont été harcelées dans les transports en commun. 86% des femmes disent avoir été harcelées dans la rue. Une femme sur 5 est confrontée à une situation de harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle. 50 000 à 75 000 femmes sont violées chaque année et 74% des viols commis le sont par une personne connue de la victime (statistiques de la permanence téléphonique nationale Viols Femmes). Dans 25% des cas par un membre de leur famille. En 2019, 149 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, ce sont 149 féminicides. 

Si les violences touchent toutes les femmes, gardons en tête que selon certaines caractéristiques de notre identité, (notre origine, notre couleur de peau, notre classe sociale, le lieu où nous vivons, notre situation de handicap ou non…) nous sommes plus ou moins touchées de façon systématique. Ainsi 72% des femmes en situation de handicap ont-elles été ou sont victimes de violences physiques, économiques ou psychologiques contre 36% des femmes valides. 

Nous sommes tou·te·s concerné·e·s par les violences faites aux femmes. Faisons de Nantes une ville refuge en accueillant et en aidant les femmes victimes et en prévenant les violences, toutes et tous ensemble.  

Créons davantage d’hébergements d’urgence et d’insertion

Parce que des femmes se retrouvent à la rue pour échapper à la violence de leur conjoint, et parce que beaucoup d’entre elles sont logées dans des chambres d’hôtel en attendant qu’une place se libère. Nous souhaitons utiliser des bâtiments vides appartenant à la ville afin de créer de nouveaux hébergements d’urgence, ainsi que des hébergements d’insertion, de plus long terme, pour accueillir spécifiquement des femmes et des enfants victimes de violences. Nous devons créer davantage d’appartements pouvant accueillir des familles nombreuses. 

Créons une halte de nuit en non-mixité pour les femmes vivant dans la rue

Aujourd’hui les hébergements d’urgences en mixité sont évités par les femmes, car les agressions sexuelles y sont courantes. Elles ne sont souvent séparées des hommes que par un rideau. En moyenne, toutes les 8 heures quelque part en France, une femme à la rue subit une agression sexuelle, selon l’association Entourage. 

Constituons une équipe de policières municipales

Nous proposons de recruter 100 policiers municipaux supplémentaires qui formeront un corps de médiatrices et médiateurs. Au sein de ce corps, sera constituée une équipe de femmes qui travailleront spécifiquement auprès des femmes victimes de violences. Elles seront particulièrement réactives et spécifiquement formées à répondre aux appels pour violences conjugales ou agressions sexuelles et à se rendre sur place. Cette équipe permettra également d’installer un cadre de confiance avec les personnes victimes, celles-ci pouvant se sentir en insécurité en présence de personnels masculins, d’autant plus s’ils ne sont pas formés.

Créons une maison de la nuit à Commerce, un nouveau lieu refuge

Un lieu ouvert 24/24h avec des équipes de professionnels et de bénévoles qui feront de la médiation et viendront en aide aux personnes dans le besoin. En plein Commerce, la Maison de la Nuit assurera une présence rassurante, un point pour sécuriser les personnes qui passent, un lieu où on pourra trouver refuge. Des femmes qui se sentent en insécurité pourront être raccompagnées. Les personnes médiatrices pourront intervenir en cas de situation de harcèlement ou d’agression. Les personnes médiatrices seront formées à l’écoute et à l’identification des discriminations et agressions qu’elles soient sexistes ou non.

Créons une plateforme pour les femmes victimes de violences en recherche d’emploi

La maison de l’emploi de Rezé a mis en place un bureau recevant les femmes victimes de violences. Cela permet aux femmes de s’y rendre comme toute personne en recherche d’emploi, sans croiser d’autres femmes victimes de violence, sans se sentir stigmatisées. Créons, à Nantes également, un accueil proposant un accompagnement individuel et permettant de prendre le temps afin de comprendre la situation et le vécu des femmes et d’identifier les potentiels freins à leur réinsertion professionnelle (souvent l’accès au logement, à la santé, et des barrières psychologiques dues aux violences vécues).

Accompagnons les victimes de violences au travail

Créons à Citad’elles un espace dédié aux femmes victimes de violences au travail, avec un accès facilité, sans rendez-vous, à grande amplitude horaire, avec une ligne d’urgence multilangue. Être une femme expose davantage aux violences professionnelles, telles que le harcèlement et l’exploitation dans le cadre d’une activité rémunérée. Les personnes les plus précaires dont les migrantes y sont très souvent exposées.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : PREVENIR ET MIEUX OUTILLER LES NANTAIS·ES

Développons un observatoire nantais des violences sexistes

Comme à Paris, créons un observatoire sur la métropole pour connaître plus finement la situation et mettre en lumière les problèmes sur notre territoire. Les chiffres actuels sont définis à l’échelle du département et manquent encore d’appuis et d’outils pour être réellement complets.

Soutenons les collectifs et associations qui accompagnent les personnes travailleuses du sexe

Notamment financièrement car ces associations n’ont pas suffisamment de ressources pour accompagner toutes les personnes concernées.

Soutenons les associations qui aident les femmes victimes de violences et stoppons leur mise en concurrence

Les associations engagées sur la lutte contre les violences faites aux femmes sur le territoire subissent aujourd’hui une mise en concurrence. Actuellement les financements sont attribués en partie suite à des appels à projets. Ce système de financement freine les associations et leurs salarié·e·s qui consacrent davantage de temps à courir après des subventions qu’à oeuvrer pour la raison d’être initiale de leur association. Nous souhaitons donc mettre en place des subventions de fonctionnement sur quatre ans afin que les associations puissent organiser leurs activitées sur plusieurs années.

Formons toutes les personnes travaillant dans le médico-social, ou accueillant du public, à la détection des violences

Aujourd’hui des associations comme Solidarité Femmes forment des fonctionnaires de l’emploi. La même chose pourrait être faite pour le personnel médico-social afin de savoir repérer, écouter et orienter les femmes victimes de violence vers les bons acteurs du territoire.

Créons une campagne de sensibilisation pour outiller chaque Nantais·e

Créons une campagne de sensibilisation publique (vidéos, affiches..) afin que chaque Nantaise et Nantais soit outillé·e pour savoir écouter, soutenir et orienter une femme victime de violence, que soit une collègue, une soeur, une amie. Savoir écouter, sans brusquer, une personne qui se confie, lui donner accès aux informations dont elle a besoin sans l’obliger à porter plainte immédiatement ou quitter son conjoint (chose souvent difficile à entendre dans le cas des violences conjugales), ça s’apprend.