Réappropriation

Nous vivons dans une ville où notre participation à la politique ne se résume quasiment qu’au vote ou à l’interpellation de nos représentants pour leur demander s’ils peuvent nous accorder leurs faveurs. 

Nous pensons que nous pouvons faire mieux. Nous pensons avoir les capacités de régir nous mêmes notre ville et nos vies. Nous constatons même que cela devient nécessaire au vu de l’incapacité de nos représentant·e·s à mettre en place une véritable politique de solidarité et de transition écologique. 

Les habitant·e·s doivent avoir pouvoir sur leur lieu de vie, une capacité de décision et d’action sur ce dont ils ont l’usage. Pour cela, l’institution municipale doit mettre ses compétences et ses moyens au service des habitant·e·s. Elle doit travailler réellement à faciliter l’organisation des habitant·e·s dans la prise en main de leur ville et leur apporter assistance financière, matérielle et humaine si besoin.

Nous voulons permettre à chacune et chacun, individuellement et collectivement, de développer son autonomie et sa capacité d’agir.

Cette réappropriation peut être facilitée par des institutions au service de l’autonomie des habitant·e·s. En commençant par offrir les conditions matérielles nécessaires à l’existence et en permettant aux habitant·e·s de reprendre progressivement la main sur nos moyens de subsistance et notre milieu de vie. 

Cette réappropriation est donc matérielle autant qu’institutionnelle : elle passe par la décolonisation de notre milieu de vie vis-à-vis du marché, par la recherche de l’autonomie matérielle au niveau le plus proche possible, en matière de logement comme d’alimentation ou d’énergie, et par la création d’institutions maîtrisables par les habitant·e·s au quotidien.

Pouvoir s’approprier les espaces publics

Parce qu’une ville conviviale n’est pas une ville lisse dans laquelle on a l’impression de ne pas être à notre place. Au contraire, c’est une ville que l’on contribue à faire au quotidien, dans laquelle on se sent bien et qui offre la possibilité à ses habitant·e·s de pouvoir s’y exprimer. 

  • Laisser la possibilité à celles et ceux qui le souhaitent de mettre/construire du mobilier urbain dans les espaces publics (simple déclaration pour permettre aux agents de la ville de s’assurer de la non dangerosité du mobilier ; charte de l’appropriation de l’espace public) ;
  • Donner la possibilité à des groupes d’habitant·e·s d’être accompagnés dans l’aménagement d’une place de leur quartier avec du mobilier urbain simple ;
  • Tolérance aux messages, symboles artistiques et/ou politiques (dans la limite de la liberté d’expression : racisme, sexisme, discriminations…) ;
  • Multiplication des espaces d’expression libre dans la ville.

Multiplier les lieux d’hygiène accessibles

Pour une ville inclusive dont on peut profiter gratuitement, notamment quand on est une femme ou jeune parent. Créons un maillage beaucoup plus important de toilettes publiques et d’espaces d’hygiène dans la ville avec fontaines, toilettes, tables à langer, douches à certains endroits.

Permettre aux enfants d’êtres des acteurs de leur ville

  • Faire re-dessiner les cours de récréation par les enfants, en particulier les petites filles ;
  • Expérimenter le fait de faire re-dessiner des places par les enfants (en particulier les petites filles) ;
  • Faire repenser les aires de jeux pour enfants par les enfants ;
  • Inclure systématiquement les enfants dans les débats sur des projets d’urbanisme ;
  • Soutenir des projets d’enfants en partenariat avec les enseignant·e·s.

Créer une maison de la nuit

Nous voulons créer un espace refuge à Commerce qui soit un lieu ouvert 24/24h avec des équipes professionnelles et bénévoles qui feront de la médiation et viendront en aide aux personnes dans le besoin. En plein Commerce, on aura une présence rassurante, un point pour sécuriser les personnes qui passent, un lieu où on pourra trouver refuge. De par sa présence même et de par la présence de personnes qui peuvent venir en aide à des personnes qui se sentent en insécurité. 

SE RÉAPPROPRIER NOS MOYENS DE SUBSISTANCE : LE LOGEMENT

Développer les coopératives de logement social

Dans ces coopératives de logements, les habitant·e·s seront à la fois actionnaires de la coopérative et locataires. Par ailleurs, la mairie gardera la propriété des terrains pour empêcher la spéculation. Cela permet :

  • de contenir l’augmentation des loyers à moyen et long terme ;
  • d’améliorer la qualité des logements, conçus et rénovés sous contrôle des habitant·e·s ;
  • d’augmenter la part du logement social ;
  • de créer des logements sociaux durables, non privatisables et où les habitant·e·s sont légitimes à exprimer leurs besoins.

Plafonner les loyers

À court terme, nous devons appliquer à Nantes la loi ELAN qui permet aux communes d’encadrer les loyers. Le but est de lutter contre l’augmentation des prix du logement qui exclut de plus en plus d’habitant·e·s du centre-ville et ainsi lutter, en partie, contre la gentrification de la ville.

Redonner du pouvoir aux locataires de logements sociaux

  • Aider les habitants à se faire entendre en désignant des médiateurs pour peser collectivement vis-à-vis des bailleurs et améliorer la vie quotidienne ;
  • Faire en sorte que Nantes métropole habitat soit un bailleur social vertueux :
    • revenir à une gestion de proximité pour répondre aux problèmes quotidiens rencontrés par les locataires ;
    • rendre l’attribution des logements plus transparente et s’assurer de l’égalité de traitement entre tous les demandeurs de logement social.

Soutenir l’habitat coopératif

Les coopératives habitantes – ou habitats coopératifs – sont une autre façon d’habiter qui permet de donner un véritable pouvoir de décision sur votre logement, dans sa construction, ses évolutions et la vie collective en son sein.

En favorisant leur émergence, on peut multiplier les coopératives habitantes.

SE RÉAPPROPRIER NOS MOYENS DE SUBSISTANCE : L’ÉNERGIE, L’ALIMENTATION ET LA SANTÉ

Créer une régie municipale des terres agricoles

Une régie qui préempte et achète des terres agricoles, les ouvre à de jeunes agricultrices et agriculteurs et facilite les débouchés pour leur production, notamment grâce aux cantines, les restaurations collectives, ainsi que des groupements d’achats solidaires dans les quartiers nantais. Ceux-ci seront prioritaitement développés dans les quartiers les plus défavorisés. La régie permet alors :

  • de choisir le type d’agriculture que nous souhaitons favoriser, une agriculture biologique, respectueuse des personnes et de la nature ;
  • de rendre accessible une nourriture de qualité ;
  • de rééquilibrer les relations entre Nantes et la campagne environnante, en agissant pour dynamiser les territoires alentours ;
  • de tendre vers l’autonomie alimentaire du pays nantais.

Faciliter l’accès à une nourriture de qualité

En pratiquant les prix les plus bas pour les personnes qui ont le moins de moyens, via la mise en place d’épiceries ou de groupements d’achats solidaires, en mettant à disposition des lieux, des ressources, des contacts, etc. Le principe est d’acheter en gros, à plusieurs foyers, des produits issus de l’agriculture biologique, qui sont alors bien moins chers et donc accessibles. Ces lieux pourraient être plus que de simples lieux de consommation : des lieux de cuisine en commun et de convivialité. En favorisant la création de GASE, d’épiceries solidaires, de micro-marchés et AMAP et faire de ces lieux de consommation des lieux de convivialité.

Construire un fournisseur commun d’énergie locale et renouvelable

Pour opérer une transition énergétique dès à présent à l’échelle de Nantes et de la métropole et tendre vers l’autosuffisance énergétique. Ce fournisseur, interface entre les consommateurs et les producteurs, sera :

  • un outil pour développer localement les moyens de production d’énergie, notamment ceux en autoconsommation, afin de tendre vers l’autosuffisance énergétique ;
  • solidaire en construisant l’offre d’abord pour les foyers les plus modestes, en luttant contre la précarité énergétique et en redistribuant les revenus énergétiques ;
  • un fournisseur de sobriété, encourageant et offrant des moyens de réduire la consommation d’énergie ;
  • commun, détenu par la métropole et les usagers qui sont de véritables parties prenantes du projet.

Créer un réseau de centres de santé

Pour donner accès à une médecine de proximité pluridisciplinaire dans les zones où l’accès au soin est le plus compliqué. Ces centres, publics ou associatifs, seront financés principalement par la Sécurité sociale via les actes des praticiens, soutenus par la municipalité, et gérés par un conseil de gestion, associant les habitants usagers du centre, des associations de patients et des professionnels de santé.

Etudier la création d’une mutuelle municipale

Pour permettre que les plus précaires vivant ou travaillant dans la commune aient un 100% santé, notamment sur le dentaire et les lunettes, sans qu’elle vienne en concurrence des structures déjà existantes.

CONSTITUONS DES ASSEMBLÉES D’HABITANT·E·S DANS CHAQUE QUARTIER

Accompagner la constitution d’assemblées de quartier en les dotant d’un lieu et d’un budget

La transformation écologique et sociale doit être mise en œuvre par les habitant·e·s et non imposée d’en haut. C’est la logique dans laquelle se situent nos propositions sur l’alimentation, l’énergie ou le logement. Afin de donner de réels pouvoirs aux habitant·e·s pour agir, nous proposons la constitution d’assemblées de quartier, à l’échelle des quartiers vécus, le plus proche possible des habitant·e·s. Cette assemblée, ouverte à tout·e·s les habitant·e·s, disposera notamment :

  • d’un lieu pour se réunir, ouvert sur le quartier ;
  • d’un budget adapté à la situation de chaque quartier, pour financer les aménagements décidés ;
  • d’une voix sur tous les aménagements impactant le quartier ;
  • de la possibilité de réaliser des aménagements du quotidien.

À court terme, ouvrir un espace d’interpellation des élu·e·s

Afin que ces dernier·e·s puissent rendre des comptes et répondre aux questions des habitant·e·s, tous les mois (particulièrement avant et après chaque conseil municipal) et publiquement.

Ces espaces d’interpellation apporteront du débat politique sur les sujets liés à la ville, un meilleur accès à l’information pour les habitant·e·s et le fait de rendre les élu·e·s comptables de leurs actes.

À court terme, changer de méthode en reconnaissant les collectifs

L’autonomie est le but, c’est aussi le chemin. Quand les habitants sont capables de s’organiser, on doit les écouter. Des projets peuvent être impulsés par Nantes en commun, mais aussi par d’autres collectifs d’habitants, et il faut donner une place centrale à ces initiatives habitantes, pour enclencher un cercle vertueux. 

À moyen terme, faire en sorte que les assemblées d’habitants, dans chaque quartier, se saisissent de plus en plus des sujets

Parce qu’en parallèle se développe une économie de quartier, qu’une part de plus en plus importante des logements et des biens de consommation courante (alimentation, énergie…) passe en propriété collective, que l’on s’extirpe des logiques du marché pour redéfinir nos besoins, les assemblées ont de plus en plus de sens.

À long terme, refonder la commune par les communs

Quand les habitants sont en mesure de prendre collectivement en main leur vie, le pouvoir municipal doit renoncer à sa transcendance, renoncer à descendre du ciel pour se refonder par le bas. La commune peut naître.

Dans notre approche, cette naissance est progressive : le jour où des habitants ont commencé à se réunir et parler de l’avenir de leur territoire, prétendre qu’ils pouvaient changer le cours des choses sur leur lieu de vie, alors ils ont commencé à préparer cette naissance.