Vie de quartier

Il y a trop de quartiers où il n’existe plus de lieux proches de chez nous, accessibles à pied, pour boire un café, croiser ses voisins et ses voisines, poster son courrier… C’est un problème récurrent : l’absence de lieux pour se retrouver, se rencontrer. Comment rendre notre ville conviviale, et faire en sorte que chaque Nantaise et chaque Nantais ait accès à des services publics et des commerces de proximité ?

Réinvestir nos quartiers comme lieu de vie implique beaucoup de questions : comment réintégrer la culture et la créativité dans nos rues ? Comment s’y sentir en sécurité ? Comment faire pour que les enfants s’y sentent bien ?

Nos quartiers doivent être des lieux de rencontre, des lieux de vie, des lieux de solidarité et de convivialité.

Pouvoir s’approprier les espaces publics

Une ville conviviale n’est pas une ville lisse dans laquelle on a l’impression de ne pas être à notre place. Au contraire, c’est une ville que l’on contribue à faire au quotidien, dans laquelle on se sent bien et qui offre la possibilité à ses habitant.e.s de pouvoir s’y exprimer. 

  • Laisser la possibilité à celles et ceux qui le souhaitent de mettre/construire du mobilier urbain dans les espaces publics (simple déclaration pour permettre aux agents de la ville de s’assurer de la non dangerosité du mobilier ; charte de l’appropriation de l’espace public)
  • Donner la possibilité à des groupes d’habitant.e.s d’être accompagnés dans l’aménagement d’une place de leur quartier avec du mobilier urbain simple
  • Tolérer les messages, symboles artistiques et/ou politiques (dans la limite de la liberté d’expression : racisme, sexisme, discriminations…)
  • Multiplier les espaces d’expression libre dans la ville

Apaiser les quartiers en réduisant la circulation des voitures

Nous proposons de supprimer la circulation automobile autour des écoles et de places centrales dans chacun des quartiers vécus (accès pour les résidents), et de hiérarchiser les voies pour que les chemins soient directs pour les cyclistes (et deux roues) ainsi que pour les piétons, non pour les voitures.

Une place sans voiture dans chaque quartier vécu

La réorganisation de la hiérarchie des voies nous permettra d’écarter la voiture des places qui peuvent devenir le cœur vivant des quartiers vécus, appropriable par les habitant·e·s et praticable en toute sécurité.

Multiplier les lieux d’hygiène accessibles

Pour une ville inclusive dont on peut profiter gratuitement, notamment quand on est une femme ou parent de jeunes enfants. Créons un maillage beaucoup plus important de toilettes publiques et d’espaces d’hygiène dans la ville avec fontaines, toilettes, tables à langer, douches à certains endroits.

RÉINVESTIR NOS QUARTIERS ET NOS LIEUX DE VIES

Développer des espaces collectifs dans toute nouvelle construction

Pour recréer des espaces de convivialité entre voisin·e·s et permettre de mutualiser un certain nombre d’objets (électroménager, télévision, machines à laver etc..). Cette démarche permet également de réduire notre consommation d’énergie ainsi que les dépenses. Comment faire ?

  • Investir les entrées d’immeuble pour y entreposer des machines à laver ou autres.
  • Mutualiser les outils servant de manière occasionnelle (outils, barbecue, appareils de cuisine etc.).
  • Favoriser l’habitat participatif.

Développer des lieux de convivialité, appropriables par les habitant·e·s

Nous voulons encourager et faciliter l’émergence de lieux de convivialité dans tous les quartiers vécus de Nantes. L’enjeu est de recréer du lien social et de la solidarité à travers une vie de quartier. Faisons des maisons de quartier des maisons de vie et multiplions-les. Lieux de cuisine, de bricolage, espaces d’accueil pour les syndicats de la vie quotidienne, et plein d’autres usages décidés par une assemblée d’habitant·e·s.

Permettre aux enfants d’êtres acteurs de leur ville

  • Faire redessiner les cours de récréation par les enfants, en particulier les petites filles ;
  • Expérimenter le fait de faire redessiner des places par les enfants (en particulier les petites filles) ;
  • Faire repenser les aires de jeux pour enfants par les enfants ;
  • Inclure systématiquement les enfants dans les débats sur des projets d’urbanisme ;
  • Soutenir des projets d’enfants en partenariat avec les enseignant.e.s.

Ouvrir et préserver des espaces d’exposition et de création libre

  • Pour que l’art soit présent au plus près de chez nous ;
  • Pour une politique culturelle orientée vers la culture du quotidien et les pratiques artistiques ;
  • Pour favoriser l’émergence des talents nantais.

DÉVELOPPER L’AUTONOMIE DES ASSOCIATIONS

Davantage de locaux pour les associations

Ouvrir davantage de lieux vides pour les associations, en commençant par exemple par les locaux commerciaux vides détenus par les bailleurs sociaux. La mairie peut encourager les bailleurs sociaux à signer des conventions précaires avec des associations, dans lesquelles la mairie se porterait garante.

Que la mairie tienne une liste des lieux vides pour que des collectifs d’habitant.e.s puissent s’en saisir via des baux précaires ou des conventions d’occupation pendant que le local est vide.

Apporter de la stabilité aux lieux culturels existants, comme les ateliers de Bitche, les ateliers Magellan ou POL’n, à travers des baux à long-terme (baux emphytéotiques).

Faciliter la réservation et la mise à disposition de salles pour les associations mais aussi pour les collectifs d’habitant-e-s

  • Donner la possibilité à des collectifs, des associations de faits de réserver des salles associatives. La loi française reconnaît le droit d’association, sans exiger une déclaration en préfecture. Nous proposons de prolonger ce droit dans la pratique, en permettant aux associations de faits d’accéder à des espaces de réunion.
  • Pouvoir réserver directement une salle dans un des lieux de son quartier, en s’y présentant, plutôt que de passer par une plateforme téléphonique ou numérique.

La DVAJ doit devenir un espace de coordination et d’animation des vies associatives des différents quartiers, avec comme objectifs l’épanouissement de dynamiques collectives plutôt que compétitives et de mettre en avant d’autres modèles de fonctionnements collectifs et économiques.

Une promotion des fonctionnements d’association collectifs et collégiaux

  • Éditer des guides à la vie associative pour accompagner les structures vers des logiques horizontales, participatives et réellement démocratiques ;
  • Proposer des formations à l’organisation collective pour permettre à tou-te-s de s’approprier les fonctionnements associatifs.

DES QUARTIERS POUR LES ENFANTS ET LES PARENTS

Favoriser un meilleur ancrage des enfants dans leur quartier et leur milieu de vie

  • Donner les moyens aux enfants de mieux comprendre l’environnement dans lequel ils vivent et de développer des projets à ce sujet (comment la nourriture est produite, qu’est-ce qu’elle devient ensuite, quel est le cycle de l’eau…) ;
  • Végétaliser les cours de récréation pour lutter contre les îlots de chaleur et recréer du lien avec la nature ;
  • Développer des pratiques en lien avec la terre : potagers, composts… ;
  • Permettre à nouveau des colonies de vacances municipales : quid de l’achat par la municipalité ou une association de terrains pour faire du camping (en mode scout) sur le même modèle que ce que font les CEMEA (pas de programme prédéfini et autogestion des enfants) ;
  • Développer des projets et/ou créer davantage de liens avec les associations du quartier, la maison de quartier, le centre social, les médiatrices et médiateurs du quartier ;
  • Faire en sorte que les temps de périscolaire soient des temps de projets collectifs entre les enfants, des temps coopération.

Une école ouverte et intégrée au quartier dans laquelle elle est située

  • Donner la possibilité d’accueillir d’autres activités au sein de l’école pour qu’elle soit davantage ouverte sur le quartier : moments festifs, banquets, AMAP, conférences, débats, temps d’échanges, cours de jardinage, ateliers bricolage… ;
  • Amorcer une réflexion sur l’environnement urbanistique des écoles : piétonisation, zones apaisées autour des écoles ;
  • Ouvrir des espaces de discussion et de débat au sujet de l’école, de l’éducation dans l’école ou en dehors (dans les maisons de quartier ou les centres sociaux) pour que les parents se réapproprient cette question et aient plus d’influence sur ce qui se passe pour leurs enfants dans l’institution éducative.

Augmenter le nombre de crèches

Il y a aujourd’hui un déficit de nombre de places en crèches municipales : la liste d’attente est longue pour les parents. Augmentons le nombre de places, en veillant à mailler le territoire pour des crèches proches de nos lieux de vie et de travail.

Améliorer le périscolaire

  • Fusionner le périscolaire avec le centre de loisir municipal (Accoord) dans un même quartier : pour permettre aux salarié.e.s qui le souhaitent de passer à un temps plein ;
  • Mettre en place une formation professionnelle pour les salariés sur périscolaire (parce que ce sont les seuls qui n’ont pas d’autre diplôme que le BAFA) : cela représenterait 3 millions d’euros sur les 60M€ de budget des deux structures [Proposition des CEMEA Pays de la Loire] ;
  • Favoriser l’éducation nouvelle dans le périscolaire et le loisir.

Faciliter la coordination entre les différentes sctructures éducatives

En particulier la direction de l’école, les enseignant.e.s, l’équipe d’entretien, assistant.e.s sociales, les animateurs du périscolaire, les structures jeunesse, les associations, les familles… Pour faire en sorte qu’elles créent ensemble – avec les parents et les enfants – un projet éducatif et pédagogique.

Comment ? En ouvrant des espaces d’échanges entre les différents acteurs éducatifs (écoles, périscolaires, associations, parents…) afin qu’ils se coordonnent, aient des temps de partage d’expérience et expérimentent l’élaboration d’un projet éducatif avec les enfants et les parents, en plus des acteurs traditionnels.

Créer des conditions favorables au développement de l’autonomie des enfants

Partout où c’est possible, dans l’école et en dehors. Faire en sorte qu’à l’école et en dehors les enfants développent leur sensibilité (capacité à exprimer des émotions et à entrer en empathie avec les autres), leur jugement critique et leur capacité à agir collectivement.

  • Ouvrir des espaces de parole et/ou des assemblées d’école pour les enfants afin qu’ils parlent de leur vécu à l’école, qu’ils participent à la vie de l’école et son amélioration, et qu’ils développent leur autonomie collective et leur sens du collectif ;
  • Adopter des méthodes de résolution de conflit par de la médiation
  • Favoriser l’accès pour les acteurs éducatifs à des formations aux pédagogies nouvelles et à la coopération (financement par la mairie du temps bénévole) ;
  • Favoriser les coopérations entre les associations d’éducation populaire et les écoles ou autres structures jeunesse afin que les enfants aient davantage d’espaces de parole, et d’organisation collective ;
  • Repenser les cours de récréation afin qu’elles ne reproduisent pas les inégalités de genre (garçons au centre, filles en périphérie) et pour qu’elles soient davantage végétalisées et permettent aux enfants de courir ;
  • Faire redessiner les cours par les enfants, surtout par les petites filles.

STRUCTURER UNE ECONOMIE DE QUARTIER

Ouvrir des ateliers communaux au sein des quartier nantais

Nous souhaitons ouvrir des centres d’activité dans chacun des quartiers prioritaires où :

  • On forme aux métiers de la transformation écologique ;
  • On a accès à des ateliers d’auto-production ;
  • On peut travailler sur place, monter des projets ;
  • On est accompagné pour lancer son activité, et sur des formes économiques ESS ;
  • On peut accéder à des cours de français.

Défendre l’économie locale face aux géants de la grande distribution

Refuser les permis de construire et modifier le plan local d’urbanisme de façon à empêcher la construction de toute nouvelle grande surface.

  • Aider, par la mise à disposition de locaux, l’installation ou le maintien de petits commerces (librairie, boulangeries, boucheries, épiceries, maraîchers, cafés…) ;
  • Créer et promouvoir les marchés uniquement bio et locaux dans une démarche de valorisation des circuits courts et du vrac ;
  • Supprimer les affichages publicitaires qui favorisent les grandes enseignes au détriment des petites ;
  • Créer un label pour valoriser et favoriser l’implantation de produits, artisans et petites industries locales ;
  • Se battre contre l’implantation des grands groupes et franchises qui pratiquent l’évasion fiscale.